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Le Standing Committee... Un hasard dans l'histoire ? - Par Frans VANDERSCHELDE


Président Honoraire du SCECBU, Frans VANDERSCHELDEa succédé à Maurice Gousseau au poste de Président du SCECBU entre 1981 et 2000. Il retrace ici les initiatives visionnaires entreprises au cours de ces années...

La question de savoir si le Standing Committee est un hasard dans l'histoire est à première vue une question inspirée par la curiosité.

La réponse est simple et double à la fois : la création du Standing Committee n'est pas un hasard, mais la volonté d'une poignée d'hommes et de syndicalistes convaincus.  Ce qui est un hasard, c'est que ces hommes ont pu se rencontrer et se parler pour réaliser leur grand rêve commun.

 

La vérité historique nous oblige aussi à admettre que le hasard a été aidé par les échanges sportifs des banques centrales.

En effet, sans ces échanges sportifs, les trois fondateurs de notre Comité : Andreini, Clotten et Gousseau n'auraient jamais pu se rencontrer et leur rêve serait sans doute resté inachevé.

 

Il s'agit de trois hommes courageux ; tous trois ont vécu les atrocités de la guerre de façon personnelle et corporelle.

Tous les trois voulaient construire un autre monde, un monde de paix et de justice sociale.

Tous les trois ont vécu la guerre d'une façon tout à fait différente :

 

  • l'Allemand Clotten, social démocrate et syndicaliste convaincu, a tout d'abord été soldat à la Wehrmacht, a participé à l'offensive au front de l'Est et a ensuite été fait prisonnier de guerre ;
  • l'Italien Andreini, communiste convaincu et respecté, a joué un rôle important dans la résistance antifasciste à Rome ;
  • mon ami, le Français Maurice Gousseau, socialiste convaincu et antifasciste, a fait de même à Paris.

 

Compte tenu des nombreux délégués qui vont assister pour la première fois à un Congrès du Standing Committee, ce qui prouve la vitalité du Comité, il n'est pas inutile de rappeler la façon dont Maurice Gousseau, notre Président honoraire, a évoqué la création du Comité lors du Congrès qui s'est tenu à Francfort du 19 au 23 octobre 1981, Congrès où j'ai été élu président :

" C'est en 1964, qu'un camarade italien, Andreini, est venu à Paris prendre contact avec nous pour nous dire que le Marché commun prenait de plus en plus d'importance et qu'il serait anormal que les syndicats des banques centrales européennes n'en prennent pas conscience et n'essaient pas de se regrouper pour tenter de prendre position, chaque fois que ce serait nécessaire, dans l'intérêt des travailleurs des banques centrales.  Les syndicats français ont répondu à son attente, et moi plus particulièrement.  J’ai, dès le début, soutenu ce camarade très motivé, et décédé aujourd'hui, tout en disant que nous pouvions avoir des positions divergentes sur le Marché commun, voire même hostiles au Marché commun, mais qu'il fallait tenir compte de cette réalité.

C'est donc grâce à lui que le Comité est né, bien que très difficilement, à Rome en 1964.

Il y avait une délégation française assez nombreuse et, du côté italien, tous les syndicats étaient représentés : l'Unione Sindicale, adhérant à la C.G.I.L., un syndicat minoritaire des cadres et un syndicat général minoritaire.  Du côté de la République Fédérale d’Allemagne, nous n'avions obtenu qu'une participation officielle, celle des fonctionnaires.  Par contre, Wolfgang Clotten, le représentant de l'ÖTV, est venu à titre personnel, car son organisation syndicale ne l'avait pas mandaté, en se méfiant sans doute de cette organisation qui se créait en dehors des confédérations."

 

Cette méfiance dont parlait Maurice Gousseau dans son intervention, nous l'avons connue et vécue depuis la création du Standing Committee.

 

Depuis sa création, le Standing Committee a traversé des périodes de haute activité et des périodes de résignation.

 

Nous pouvons en distinguer quatre :

 

  • la période de la création, que l'on peut appeler la période des grands espoirs et qui a duré jusqu'en mai '68 lorsque réunies en Congrès à Francfort, plusieurs délégations françaises sont rentrées précipitamment dans leur pays ;
  • puis a suivi une longue interruption pendant laquelle l'activité du Comité s'est limitée à des contacts personnels et à quelques contacts bilatéraux ;
  • en 1975, Maurice Gousseau, qui était devenu entre temps le Conseiller Général Elu par le Personnel de la Banque de France, a pris son bâton de pèlerin et a essayé d'organiser un nouveau Congrès du Standing Committee.
  • Celui-ci a eu lieu un an plus tard à Rome.  On peut parler du deuxième souffle du Comité.
  • depuis lors, les activités du Comité se sont multipliées, il s'est doté de structures et le nombre d'organisations syndicales n'a cessé de croître jusqu'à nos jours.

 

La tentative de relancer l'activité du Standing Committee a coïncidé avec les projets de création d'une Banque Centrale Européenne.  Il s'agissait du fameux plan Werner, du nom du Premier ministre luxembourgeois.

 

A l'époque, le schéma Werner prévoyait la création du FECOM, une espèce de précurseur de la future Banque Centrale Européenne.

Le Standing Committee savait que les directeurs et les chefs du personnel avaient été invités à élaborer un projet de statut du personnel du FECOM.  On était conscients qu'il fallait saisir l'occasion et essayer coûte que coûte d'être associés à l'élaboration de ce statut du personnel.

Nous l'avons discuté à la réunion de Dublin, en 1978, et déjà à l'époque, on a pu formuler une série d'amendements.

Elément anecdotique : la date pour une première rencontre avec les chefs du personnel était déjà fixée lorsque le plan Werner fut jeté aux oubliettes étant donné la suppression de la convertibilité du dollar.  Une comparaison du plan Werner et du schéma qui a été suivi pour la création de l'actuelle Banque Centrale Européenne démontre qu'il y a certes un grand nombre de parallèles, mais que les politiciens et les responsables des banques centrales ont su tirer les leçons de l'échec Werner.

 

Immédiatement après, nous avons concentré notre attention sur le Comité des Gouverneurs.  Car il faut savoir qu'à l'époque, même si un grand nombre de gouverneurs nous recevaient cordialement et parfois avec beaucoup d'égards, en tant que Comité des Gouverneurs, il refusait la reconnaissance officielle du Standing Committee.

 

C'est à ce moment-là que nous avons pris notre bâton de pèlerin, afin d'essayer de convaincre, avec l'aide de nos collègues des différentes banques centrales nationales, chacun des gouverneurs de la nécessité de reconnaître notre Comité.


J'ai toujours eu l'impression que cette reconnaissance aurait pu avoir lieu vers le milieu des années '80 s'il n'y avait pas eu la concurrence et les rapports parfois tendus entre le Standing Committee et l'Euro-FIET.

 

En effet, pour le Comité des Gouverneurs, le fait de devoir choisir entre deux organisations syndicales européennes actives au sein de leurs institutions était un pas qu'ils ne voulaient pas franchir.

De plus, ils utilisaient l'argument que le Comité des Gouverneurs n'avait pas de mandat pour négocier à la place des banques centrales nationales en matière sociale.

 

A l'heure actuelle, on dirait qu'ils ont insisté sur le principe de subsidiarité, mais ce mot n'avait pas encore été découvert par Delors à l'époque.  Ils sont donc partis de l'hypothèse que chaque banque centrale nationale était complètement libre de prendre ses décisions (ce qui, sur le plan juridique, était exact) et qu'il n'y avait aucune corrélation entre les décisions du Comité des Gouverneurs et les décisions prises par les banques centrales nationales (ce qui, en pratique, était faux).

 

Finalement, le Comité des Gouverneurs a quand même marqué son accord pour que le gouverneur de la Danmarks Nationalbank, Monsieur Hoffmeyer, rencontre une délégation du Standing Committee et de l'Euro-FIET.

 

Chaque organisation syndicale y a expliqué ses structures, sa façon de travailler et ses objectifs.

Suite à cette première rencontre, des réunions régulières ont été organisées jusqu'à la création de l'Institut Monétaire Européen.  C'est peut-être une petite ironie de l'histoire que le dernier président du Comité des Gouverneurs avec lequel nous avons négocié est l'actuel président de la Banque Centrale Européenne, Wim Duisenberg.

 

Une fois l'Institut Monétaire Européen créé, nous avons immédiatement contacté son nouveau président, Monsieur A. Lamfalussy, et nous lui avons demandé d'être associés à l'élaboration du statut social du futur personnel de l'Institut Monétaire Européen.

 

Il a accepté notre proposition, bien qu'officiellement il ne s'agisse pas d'une négociation, puisque l'Institut Monétaire Européen sollicitait uniquement l'avis d'experts sociaux.  Il n'empêche que grâce à notre travail et à notre présence, nous avons pu améliorer ce statut sur un certain nombre de points essentiels (cf. rapport du Congrès de 1995, à Francfort).

 

La grande force du Standing Committee a toujours été sa capacité d'analyse et de proposition.

 

La confrontation démocratique des idées et des expériences des uns et des autres ont donné des résultats remarquables, mais il a fallu un certain temps avant que l'on arrive à cela.

 

En effet, force est de constater qu'au début chacun était avant tout convaincu des mérites de son propre système et de sa propre action syndicale et ne comprenait pas toujours les motifs qui faisaient que dans d'autres circonstances, et dans un environnement totalement différent, les organisations syndicales puissent agir différemment.

 

Ainsi, au début, les syndicats du nord étaient convaincus qu'ils étaient supérieurs à ceux du sud, car à travers leurs modèles de consensus et de dialogue social, ils parvenaient à éviter les grands conflits sociaux du sud.  Ils ne comprenaient pas non plus que les organisations syndicales du sud désiraient s'occuper de la marche de l'entreprise.  Pour eux, la tâche principale, voire la seule tâche, d'une organisation syndicale, c'était la défense du statut social du personnel et plus particulièrement des affiliés.

 

Les organisations syndicales du sud voyaient d'un mauvais œil "la collaboration des classes" entre représentants des travailleurs et des employeurs dans les pays du nord.

Elles considéraient que dans le Nord on se comportait plutôt comme des corporatistes et qu'on refusait d'analyser les problèmes dans leur ensemble et dans la perspective de la lutte des classes.

 

Ce n'est qu'au fur et à mesure que l'intégration des banques centrales européennes progressait et devenait une réalité, qu'elles ont compris que les différences entre le Nord et le Sud étaient moins profondes et plus nuancées.

 

Ce n'est que grâce à une analyse commune et poussée qu'elles se sont rendu compte qu'au fond, en Europe, il y avait deux grands modèles de banque centrale : le modèle continental et le modèle anglo-saxon, avec, d'après les pays, des variations importantes.

 

Les crises économiques des années '70 et '80 ont sonné le glas du fameux "welfare state", qui avait été créé dans toute l'Europe après la deuxième guerre mondiale.

 

Avec l'arrivée au pouvoir de Madame Thatcher en Grande-Bretagne et d'autres gouvernements conservateurs en Europe, les idées ultra-libérales avaient à nouveau le vent en poupe.

C'est alors que les organisations syndicales en règle générale, et plus particulièrement celles au sein des banques centrales nationales, ont compris qu'il fallait se défendre ensemble et que le statut social du personnel ne pouvait être défendu efficacement sur le long terme que moyennant le maintien, voire le développement, des activités des banques centrales.

 

C'est la raison pour laquelle le Standing Committee a consacré une grande partie de ses réflexions à la recherche de nouvelles tâches et de nouvelles activités.

 

Le Comité a développé un tel savoir-faire qu'il est régulièrement consulté par les services de recherche des banques centrales nationales, du Parlement européen, des organisations syndicales et patronales et de la presse.

 

Parmi les études les plus appréciées figurent celles sur la situation des agences et des réseaux de comptoirs, les conséquences sociales de l'introduction du nouveau système de paiement, les incidences du développement des activités en matière statistique et, à ne pas oublier, l'impression et la production des billets de banque.

 

Bien sûr, nous sommes très conscients qu'une organisation syndicale ou un comité syndical européen n'est pas la même chose qu'un service d'études et qu'il faut plus pour réussir l'action syndicale.

 

La grande différence entre un service d'études et un syndicat est qu'un syndicat fait ses études et ses analyses dans le but d'atteindre un objectif, à savoir pouvoir mieux défendre les intérêts du personnel.

Cela signifie qu'un syndicalisme qui se veut crédible doit être un syndicalisme de proposition, un syndicalisme qui n'a pas peur de regarder les réalités en face et qui a le courage d'en tenir compte.

 

Le Standing Committee peut se féliciter que tant de chercheurs économiques et de cadres responsables de banques centrales et de la Banque Centrale Européenne collaborent avec lui et œuvrent au sein de ses instances.

 

Pour le Comité, il s'agit de son véritable trésor de guerre.

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